United est parvenu à arracher les trois points cette après-midi à Old Trafford face à Everton, grâce à un but en fin de rencontre de l'inévitable Chicharito.

utd_everton_1_0Mes amis, quel stress ! Il ne faut décidément pas être cardiaque pour supporter Man Utd ! Alors qu'on se dirigeait vers un nouveau nul blanc et un troisième match d'affilée sans trouver le chemin des filets, notre recrue cinq étoiles a encore fait des miracles en inscrivant un but d'une importance capitale, à six minutes de la fin du temps réglementaire et à quatre journées de la fin du championnat. Le genre de but dont on se souviendra peut-être dans un mois comme du but du titre, comme celui de Ronaldo à Fulham en 2007 ou Macheda contre Aston Villa en 2009.

Privé de ses meilleurs éléments offensifs, Everton a fait bloc et a dégoûté les attaquants de United pendant presque toute la rencontre. Les Toffees de David Moyes ont dû avoir deux occasions sur tout le match mais ont fait preuve de courage face aux assauts répétés des Red Devils. Pour déjouer cette équipe, Fergie alignait un 4-4-2 classique mais avec tout de même ses quatre ou cinq changements habituels. Ainsi, nous débutions la rencontre avec Van der Sar entre les perches, dernier rempart d'une défense composée de droite à gauche de Fabio, Rio Ferdinand, Jonny Evans et John O'Shea. Visiblement Sir Alex pensait déjà à Schalke en économisant Vidic et Evra, Ferdinand prenant le brassard de capitaine. Mais ce n'est pas tout ! Au milieu, Anderson, mais surtout Gibson... Et oh ! J'ai envie de te dire que ce match est plus important que celui de mardi face aux germains, Fergie ! Le reste, heureusement, c'est du costaud, Valencia sur le flanc droit et Nani de l'autre côté pour animer les offensives aux côtés des attaquants Rooney et Chicharito.

Dès le départ, et malgré un soleil probablement trop présent pour le commun des mortels anglais, le public d'Old Trafford donne de la voix, conscient de l'importance d'un bon résultat aujourd'hui, qui nous donnerait provisoirement 9 points d'avance sur nos concurrents directs. Conscient également qu'Everton n'est pas venu là pour faire de la figuration, peu importe l'entente entre les deux clubs. Et United semble d'emblée plus déterminé que lors des deux derniers matches. Les Red Devils confisquent le cuir la plupart du temps mais pêchent encore sur la dernière passe ou le dernier geste. Ainsi, lorsque Gibson ne tentera pas d'assomer un spectateur avec sa légendaire frappe de mule cadrée une fois sur dix, Nani, et Chicharito buteront tous deux par deux fois sur un Tim Howard qui, comme d'habitude, sortait le grand jeu face à ses anciens collègues. Sur un tir de Nani, merveilleusement servi par Valencia, c'est même Chicharito qui empêchait l'envoi de trouver le cadre. Rooney, dans son nouveau rôle de distributeur, s'énervait de plus en plus à la moindre mauvaise passe, décision ou occasion manquée. La pression est palpable et ça peut se comprendre, c'est le titre qui se joue peut-être déjà aujourd'hui. Les deux équipes se quitteront dos à dos à la mi-temps, malgré la pression de United, qui aura souvent procédé par les flancs où Nani et Valencia ne furent pas toujours heureux.

A la mi-temps, Moyes remplace le pauvre Beckford, trop faible pour Ferdinand, par le puisant Anichebe. Tim Cahill fera également son entrée en lieu et place de Bilyaletdinov. Du coup, Everton touche un peu plus le ballon, remporte plus de duels devant et met logiquement un semblant de pression sur la défense rouge. Le public sent que son équipe souffre et augmente le volume. Ferguson procède alors à deux changements; il fait sortir O'Shea, qu'il remplace par Evra, puis il fait entrer Owen pour Nani. Mais c'est Everton qui va se montrer dangereux par l'intermédiaire du jeune Rodwell, qui faillit nous rappeler pourquoi Fergie le veut dans son équipe plutôt que chez les Toffees. Son tir puissant est dévié juste ce qu'il faut par le talon d'Evans et prend la direction du petit filet intérieur de Van der Sar, mais l'arrêt du vétéran est comme souvent exceptionnel et maintient ses couleurs dans la rencontre. United, qui a multiplié les centres durant tout le match, sans trouver autre chose qu'un bleu dans la boîte, reprend alors le contrôle du ballon, avec un Anderson très en forme qui enchaîne les passes tantôt de temporisation, tantôt de finition, tout en assurant la récupération derrière. Le brésilien finira d'ailleurs sur les genoux. Car ce n'est pas lui qui sortira pour un dernier changement, mais bien Gibson, assez éteint, pour rester gentil. L'irlandais laisse sa place à Giggs et peut admirer le coup franc de Rooney, prenant la direction de la lucarne mais bien dévié par Howard. Quelques minutes auparavant, Distin, sous la pression de Michael Owen, avait dévié un centre sur son propre poteau. Les minutes s'égrainent, on se met à penser à Arsenal, la semaine prochaine, ou à Chelsea, dans deux semaines... Pas le temps de rêvasser, reprise de volée de Valencia, contrée? La balle lui revient, le petit centre trouve Chicharito, dont la tête est envoyée en corner sur une nouvelle claquette de ce diable de Tim Howard, qui prendra ensuite un carton jaune pour avoir pris son temps à chaque dégagement.

Et puis la délivrance. Nous sommes à la 84ème minute, Valencia déborde son homme dans son couloir droit et adresse un centre au second poteau, cette fois le petit pois mexicain ne manque pas son rendez-vous avec Howard et fait mouche ! Old Trafford exulte, c'est 1-0 !!! Chicharito sprinte au poteau de corner, Rooney est le premier à le rattraper et laisse éclater sa joie, sans juron, la leçon est retenue. United a encore forcé la décision dans les derniers instants de la partie et Chicharito prouve à nouveau qu'il est peut-être l'affaire du siècle. L'arbitre ajoute cinq minutes de jeu supplémentaire, Fergie, qui a retrouvé son banc, s'excite sur le bord de la pelouse, Cahill, qui se retrouve à terre, se fait relever par Ferdinand, à une main. United est fort, il ne se laissera pas rejoindre aujourd'hui. A vous de jouer, les londoniens.

United a laissé des forces dans cette bataille, physiques, à l'image d'Anderson, et mentales, comme Rooney. Mais cette victoire devrait sans nul doute leur procurer le surplus de motivation nécessaire pour terminer la saison en beauté. Si nous n'avons pas assisté aujourd'hui au plus beau match de la saison, il nous faut nous montrer satisfaits sur l'ensemble du match. Jouer contre un mur est difficile, et nos joueurs ont continué d'y croire en attaquant jusqu'à la fin. Certains joueurs sont par ailleurs à créditer d'une excellente prestation, comme l'infatiguable Fabio ou le très fatigué Anderson. Ferdinand et Evans ont assuré derrière, Nani et Valencia ont soufflé le chaud et le froid, Rooney, s'il est toujours aussi précieux dans l'animation du jeu, a visiblement perdu de son instinct de tueur, préférant souvent écarter le jeu là où jadis il aurait envoyé un missile dans la lucarne. Et notre petit mexicain... On peut dire qu'il l'a mérité son but. Il s'est démené pendant tout le match. Appels, contre appels, pressing défensif, solutions, occasions franches... Javier Hernandez est bien plus qu'un super remplaçant. Son 19ème but de la saison, le 12ème en championnat et, accessoirement, le 100ème but de la saison pour United, nous rapproche tellement du titre que nous pouvons presque le caresser. Bien joué mon petit gars. Je terminerai sur les bonnes entrées de Michael Owen, qui a trouvé le poteau via Distin et qui a assuré le boulot défensif, et de Giggs, toujours rassurant quand l'avantage n'est que d'un but.

Le week-end peut reprendre son cours normal. Mardi, c'est Schalke en Ligue des Champions !

United : Van der Sar, Fabio, Ferdinand, Evans, O'Shea (Evra), Valencia, Gibson (Giggs), Anderson, Nani (Owen), Rooney, Hernandez.

Pas utilisés : Kuszczak, Brown, Rafael, Carrick.

Homme du match : Anderson ou Chicharito ? Le choix est difficile tant les deux ont été excellents dans leurs rôles respectifs. Anderson, après 10 premières minutes difficiles, s'est montré bien plus précis dans ses passes verticales que d'habitude, tout en récupérant un paquet de ballons dans les pieds des Toffees. Mais comment ne pas voter pour notre numéro 14 avec ce but d'une importance capitale, qui couronne 95 minutes d'efforts incessants. La perle mexicaine a dépassé toutes nos attentes lors de cette première saison au club. Viva Chicharito !