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Mon dernier article remonte au 10 mai dernier et était consacré à notre légende parmi les légendes ; Sir Alex Ferguson, qui après 26 ans de bons, loyaux et jouissifs services, a tiré sa révérence. Il clôturait une saison en demi-teinte, malgré un 20ème titre tout aussi historique que le précédent. C’est là l’avantage d’être le plus grand club d’Angleterre : chaque titre que nous gagnerons établira un nouveau record. Demi-teinte pourquoi ? Et bien, cela n’engage que moi, mais mes attentes étaient bien supérieures à ce seul titre national. Comment ne pas éprouver de regrets en repensant à ce quart de finale perdu injustement face au Real ? Qui n’a pas voulu exploser sa TV quand Chelsea nous a sorti de la Cup ? Et, franchement, combien de fois nous sommes-nous enthousiasmés en regardant notre équipe jouer ? C’est bien pour cela que cette bouffée d’air frais est plus que bienvenue.

Ne me faites pas dire ce que je n’ai pas dit ; j’aime profondément Sir Alex et j’aurai toujours pour lui un immense respect, une admiration sans borne et une reconnaissance infinie pour tout ce qu’il a apporté à Manchester United. Mais depuis plusieurs saisons déjà, je pense que nous devons plus notre maintien au sommet à la soif de vaincre que Fergie a inscrit dans les gênes de tous ses joueurs, dans toutes ses équipes, qu’à notre niveau de jeu réel. Les années fastes du football spectaculaire pratiqué à OT semblent bien loin. Certains joueurs n’évoluaient pas ou peu à leur poste de prédilection, notre jeu était souvent prévisible sauf l’un ou l’autre coup d’éclat, nos tactiques ne semblaient pas toujours tip top…

« Le roi est mort ! Vive le roi ! »

Et c’est là que Moyes intervient. Si on s’est peu emballé en matant nos ouailles fouler les gazons anglais et européens ces dernières saisons, on a souvent vibré en lorgnant du côté des Toffees d’Everton, grâce à un jeu spectaculaire, généreux et direct, pratiqué par un collectif huilé, sans grande star. Je ne vous le cache pas, David Moyes était mon candidat idéal, mon préféré dans la short list. Qu’il n’ait gagné aucun trophée à Everton ne me dérange pas. Pas plus que son manque d’expérience au niveau européen. Le mec a ce qu’il faut, c’est certain. Il a fait d’Everton un club reconnu, avec bien moins de moyens que les grosses écuries, il a même hissé ce club au-dessus de Liverpool. Ses valeurs sont comparables à celles de Sir Alex, il est écossais tout comme lui et aime, lui aussi, donner leur chance aux jeunes. Le fait que Fergie l’ait choisi comme successeur devrait être un argument suffisant pour clouer le bec à ses quelques détracteurs… On imagine aisément que certains d’entre nous ne lui ferons pas de cadeau. Les critiques risquent de pleuvoir au moindre faux pas et la patience, vertu de plus en plus rare dans ce monde et particulièrement dans ce milieu, sera mise à rude épreuve si tout ne tourne pas rond tout de suite. On n’est plus aussi clément qu’en 1986 où, déjà, Fergie avait failli sauter. Imaginez.

C’est pour cela que nous devons nous préparer au meilleur : un nouveau titre de champion et/ou une Cup et un bon parcours en CL ; mais aussi au pire ; à savoir une, deux, voire trois saisons blanches. Ce scénario, bien que peu réjouissant, est tout-à-fait plausible. Moyes débarque dans une autre galaxie, et tout aussi compétent qu’il soit, un temps d’adaptation semble inévitable. Nous devons le savoir et il le sait déjà. Dans ce sens, il a déjà fait d’excellents choix en nommant d’anciennes gloires comme Phil Neville dans son staff, ou même la légende vivante Ryan Giggs devenu joueur-entraîneur, assurant ainsi un lien parfait entre le coach principal et ses joueurs, un lien dont ni les plus jeunes, ni les plus âgés ne pourront remettre en cause le crédit. D’autre part, nos concurrents vont vouloir profiter de cette éventuelle période d’adaptation et cette Premier League 2013-2014 s’annonce plus passionnante que jamais.

Son entrée dans ce nouveau monde, Moyes l’a faite d’emblée en devant gérer le cas Rooney, une vieille connaissance qu’il a révélée au public de Goodison Park, quand Shrek n’avait encore que 16 ans. Suit un mercato qu’on espère intéressant, avec les arrivées possibles de Thiago Alcantara, Leighton Baines ou Kevin Strootman, doublé d’une tournée en Asie et d’un premier trophée à disputer face à Wigan, le Community Shield, avant d’entamer une saison dont le calendrier ne laissera pas de place au rodage, avec plusieurs gros chocs dès le début de la campagne, prévue dans 39 jours.

Moyes n’est pas à plaindre, il a hérité du siège le plus convoité de la planète football. Son travail sera difficile et exigeant, tout le monde le regardera, mais il aura derrière lui tout un club, une bonne partie des supporters et un Sir Alex qui ne sera jamais bien loin s’il a besoin de l’un ou l’autre conseil.

Si jadis le départ du Sir me terrifiait, aujourd’hui, ce changement est synonyme d’excitation et me rend encore plus impatient de recommencer que les autres années, et ça, c’est déjà un exploit !

Longue vie à toi, David !

GLORY GLORY MAN UNITED !