Lundi 1er juillet : Moyes prend officiellement ses fonctions à United et le mercato ouvre ses portes. Les fans de United se mettent à rêver, d’autant que notre budget serait « illimité »…

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Lundi 2 septembre, 23h : Tous les supporters de United se font à l’idée que ce mercato sera bel et bien le plus ridicule, inefficace et pénible de notre glorieuse Histoire. Un club qui doit se hâter avant la clôture du marché, se précipiter pour signer quelqu’un à tout prix est un club qui doit se poser des questions sur sa gestion comme Gary Neville le déclarait il y a deux saisons.

Nous avons finalement réussi à attirer Marouane Fellaini et, vu la tournure des évènements, nous devrions nous en féliciter. United a finalement signé un milieu de terrain ! Et le grand belge à la touffe généreuse va probablement rendre l’équipe championne meilleure. Nous n’avions plus ce genre de profil depuis longtemps. Certains se marrent quand je dis qu’on a enfin trouvé un successeur à Roy Keane, d’autres se sentent insultés, leur admiration pour le capitaine mythique de l’équipe qui a conquis le triplé les aveuglant. Comme Keano, Fellaini est un travailleur, un arracheur de ballon, un distributeur de sales coups. Le genre de profil crasseux qui nous manque depuis des années. En plus de ces attributs, l’ancien standarman possède un certain registre technique, sans parler de son jeu tête ou de son aisance à évoluer aux avants postes, si besoin est, et de ses onze buts marqués pour Everton l’an dernier.

Mais la venue du grand Marouane ne doit pas être la touffe qui cache la forêt : nous avons été minables lors de ce mercato, point barre. Permettez-moi de résumer nos vacances où il ne se passa pas un jour sans qu’un milieu de terrain de renom ne soit cité à Old Trafford. On peut affirmer sans risque qu’il ne doit plus y avoir un seul médian appartenant aux cinq grands championnats qui n’ait décliné l’invitation. Thiago Alcantara, d’abord, qui était « tout proche », puis qui a opté pour le Bayern qui a bouclé l’affaire en deux jours. Qu’à cela ne tienne ! On va tenter de choper un autre catalan et, en même temps, faire chier les Gunners : deux ou trois semaines de perdues à enchaîner les offres insuffisantes pour un joueur qui, visiblement, n’avait aucune intention de quitter le Barça. Fin du chapitre Fabregas, assurément le plus frustrant de cette farce. Il faudra en effet m’expliquer l’intérêt de lancer toutes ses forces dans une bataille perdue d’avance. Pendant ce temps-là, on joue aux radins avec Everton pour le duo Fellaini-Baines. Le grand belge a, à ce moment, une clause libératoire à 22 millions que United n’activera jamais.

Les rumeurs les plus folles circuleront encore : Mata en échange de Rooney et du cash, Bale, Ronaldo, Modric, De Rossi, Gundogan, Kaka, Özil, Kedhira… A Londres, les Spurs se marrent et signent un milieu par jour, dont le petit danois de l’Ajax, Eriksen, longtemps cité à OT, pour un montant dérisoire. On apprend même aujourd’hui que ce bon vieux Sneijder (parti mourir au Galatasaray) était à nouveau convoité !! Visiblement, Ed Woodward, le successeur de David Gill, est plus doué pour signer des contrats de sponsoring que pour obtenir l’autographe d’une star du foot au bas d’un contrat. Les jours passent et la colère de certains fans se fait sentir. D’autant que les lacunes de United au milieu sont mises en exergue lors de rencontres peu emballantes face à Chelsea et Liverpool. Finalement, United se tournera à nouveau vers Fellaini, un joueur que Moyes connaît bien et qui a fait sa part de boulot pour que ce transfert se réalise dans les tout derniers instants de cet infernal mercato. Forcément une solution de secours puisque le montant de la transaction est bien plus élevé que celui de la clause qui sautait en juillet ! En même temps se jouait une dernière farce, le transfert raté d’Ander Herrera, de Bilbao… Et les Gunners de signer Özil pour une fortune après un été placé sous le signe du rateau, pour eux aussi.

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Aussi ridicules fûmes-nous, la faute n’incombe certainement pas à David Moyes. L’écossais a joué franc jeu, au contraire de Fergie, en assumant que United était court au milieu et en ne démentant pas certaines pistes. Le rôle du manager est d’identifier les joueurs susceptibles de sublimer son équipe, c’est ensuite au board, et donc à Woodward, de mettre tout en œuvre pour exaucer le capitaine du bateau. Ce qui ne fut pas le cas, c’est le moins qu’on puisse dire. On ne me fera pas croire que United n’attire plus ou, pire encore, attire moins que Tottenham ! A l’époque de Fergie et Gill, les refus existaient déjà (Sneijder…), mais les affaires se bouclaient légèrement plus vite et nos renforts participaient ainsi à la préparation pendant qu’on se moquait des autres. Woodward a sous-évalué chacune de ses cibles, jouant au marchand de tapis en essayant d’économiser le moindre penny. Visiblement, Eddy est resté coincé une décennie plus tôt, à une époque où les émirs qatari et oligarques russes n’avaient pas encore semé la zizanie. Aujourd’hui pour signer une star, il faut mettre le paquet, que ce soit niveau transfert ou salaire. Des pétitions circulent déjà sur Twitter pour demander la démission du brave Ed.

Finalement, ce mercato aurait tout de même pu être plus que satisfaisant, si Herrera et Baines s’étaient ajouté à la liste des courses. Car les Fabregas, Mata, Modric ou Özil, que les Gunners voient déjà comme l’homme du titre, s’ils auraient trouvé leur place dans n’importe quel effectif, ne sont pas ce dont United a besoin. Nous avons déjà deux numéros 10 dans notre effectif : Rooney, puisqu’il est donc resté, et Kagawa, élu deux fois d’affilée meilleur joueur de la Bundesliga devant les Ribery, Götze, et autres Schweini, rappelons-le. Fellaini va libérer Carrick de sa tâche défensive et le laisser souffler un peu, au besoin. Il apportera son imposante présence dans les duels, dans le pressing et sur les phases arrêtées pendant que, devant lui, les Kagawa, Rooney, Nani, Zaha, Van Persie, Chicharito, Welbeck s’en donneront à cœur joie.

Marouane ajoute un plus considérable à une équipe qui a été sacrée championne les doigts dans le nez. L’horizon n’est donc pas si noir, même s’il nous faudra rester patient. Cette année est une année de transition, il ne faut pas l’oublier, même si nous sommes habitués à jouer la tête et que Moyes la jouera jusqu’au bout. La concurrence s’est également renforcée, ce qui promet un beau championnat.

Une année de transition, mais certainement pas le début du déclin que tant prédisent ou attendent.

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