everton_utd_3_3_copieOpération gaspillage, volume 2.

Alors que nos Red Devils menaient tranquillement 1-3 et que nous entrions dans les arrêts de jeu, ils ont encaissé deux buts en une minute pour laisser filer deux points qui semblaient acquis depuis la 66ème minute. Je ne vous cache pas qu'il m'est difficile d'écrire après une telle déception... Bon, allez, je me force.

Wayne Rooney, attendu de pied ferme dans son ancien stade, était absent à la surprise générale, Ferguson ayant depuis expliqué qu'il voulait éviter à son attaquant de "terribles abus" de la part des supporters locaux. Le rôle d'attaquant était donc confié au seul Dimitar Berbatov, dans un 4-5-1 où Nani occupait l'aile droite et Giggs la gauche. Au milieu se trouvaient Scholes, Fletcher et... O'Shea, qui a donc abandonné son poste d'arrière droit des dernières semaines à... Gary Neville. Hum ! En voyant la compo, j'avoue que je n'étais pas du tout confiant.

Mes craintes furent vite confirmées dès le début de match, Everton offrant un gros pressing et tentant de trouver l'ouverture, sans succès. Leur seule occasion vint d'un coup franc d'Arteta qui lécha la barre transversale de Van der Sar. United pliait un peu, mais trouvait peu à peu ses marques et répondait à cette alerte par un tir qui toucha l'extérieur du poteau de John O'Shea, sur une bien jolie volée. Everton continuait de harceler les Red Devils mais ce sont bien ces derniers qui se montraient les plus dangereux, Tim Howard réalisant deux très beaux arrêts réflexes sur des tentatives de Scholes, puis de Giggs. Cela ressemblait de plus en plus à l'un de ces jours où la chance nous déserte et où le gardien adverse réalise la perf de l'année et les Toffees profitèrent de ce manque de réussite pour aller planter une banderille de l'autre côté du terrain via Steven Pienaar. 1-0 à la 39ème minute. Cette action aurait pu être tuée dans l'oeuf bien avant notre rectangle si Evra, très en dessous aujourd'hui, n'était passé au travers du ballon avec un de ses retournés défensifs ratés dont il a le secret. Cet avantage fut de courte durée puisqu'à la 43ème minute, United eut la bonne idée d'égaliser juste avant la pause. Nani délivra un excellent centre pour Fletcher qui surgit pour crucifier un Howard cette fois impuissant. 1-1 à la mi-temps.

United remontait sur le terrain boosté par cette égalisation et après deux minutes seulement, Vidic reprenait victorieusement de la tête un nouveau centre millimétré de Nani. 1-2. United contrôle le match, remporte plus de duels et pratique son jeu, et le troisième but arrive logiquement à la 66ème minute lorsque Scholes balancera un caviar pour Berbatov, qui d'une merveille de contrôle effaça son défenseur pour s'en aller tromper Howard d'un joli extérieur du pied. 1-3, superbe. On se croit alors à l'abri et ces trois points sont désormais acquis, surtout que les joueurs d'Everton montrent des signes de fatigue et de la maladresse en zone de conclusion. Heureusement, car on sait qu'un seul petit but des Toffees et les dernières minutes seraient d'une longueur insoutenable pour United. Mais si les locaux se montrent peu à leur affaire devant notre but, il en est de même pour nos joueurs qui galvaudent tour à tour de très franches occasions de tuer définitivement le match. Scholes, Nani et Berbatov manqueront la balle de match et ce qui devait arriver arriva. Dans les arrêts de jeu, Tim Cahill reprenait un centre au milieu de deux défenseurs pour offrir le but de l'espoir aux hommes de Moyes, et 60 secondes plus tard, le scénario tourna au cauchemar puisque, suite à un mauvais dégagement de la défense, le même Cahill offrait à Arteta l'occasion de fusiller Van der Sar d'une frappe déviée par le pauvre Scholes. 3-3. Dégoût, haine et rancoeur.

Si l'on peut saluer le courage et l'abnégation des Toffees, qui y ont cru jusqu'au bout, emmenés par un Fellaini omniprésent tant à la récupération qu'à la relance, un Pienaar très remuant et par un Cahill pas du tout impressionné par le solide Vidic, il est regrettable de laisser encore (après ceux de Fulham) filer deux précieux points alors que nos joueurs maîtrisaient leur sujet dans un déplacement très difficile. Patrice Evra n'est visiblement pas encore remis de ses déboires en Afrique du Sud, Gary Neville ne rajeunit pas, et Evans s'est montré parfois fébrile. Au milieu, Fletcher s'est montré discret, malgré son but. Même s'il n'eut pas l'impact escompté sur la défense des Toffees, Nani peut être crédité d'un bon match, avec deux assists au compteur. Mais la seule véritable satisfaction de la journée aura été Dimitar Berbatov. Le bulgare est décidément transformé depuis ce début de saison, il court, défend, récupère, passe et marque avec cette aisance balle au pied que seuls les grands joueurs possèdent.

Bref, pour son 700ème match de championnat, Sir Alex Ferguson sera passé par bien des sentiments cette après-midi, mais il aura quitté Goodison Park avec le pire : les regrets. Il va devoir corriger cette tendance à perdre le contrôle et la concentration en fin de match, lorsque ses joueurs mènent et que rien ne semble pouvoir leur arriver. Nos rivaux, eux, n'ont pas tremblé, Arsenal s'est imposé face à Bolton pendant que Chelsea allait faire le plein de points à West Ham. Maigre consolation : City a de nouveau calé. Très maigre consolation.

Opération rachat dès ce mardi à OT face aux Rangers.

United : Van der Sar, Neville, Vidic, Evans, Evra (Park), Nani, Fletcher, O'Shea, Scholes, Giggs, Berbatov.

Pas utilisés : Kuszczak, Rafael, Smalling, Gibson, Macheda, Owen.